Parthénon

Le Parthénon — en grec ancien Παρθενών Parthenṓn, littéralement l'appartement des jeunes filles, c'est-à-dire ici : «la demeure d'Athéna, la déesse vierge» — est un édifice localisé sur l'Acropole d'Athènes.



Catégories :

Architecture de la Grèce antique - Patrimoine mondial en Grèce - Athènes antique - Temple de la Grèce antique

Recherche sur Google Images :


Source image : www.greceantique.net
Cette image est un résultat de recherche de Google Image. Elle est peut-être réduite par rapport à l'originale et/ou protégée par des droits d'auteur.

Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • Le Parthénon fait partie des symboles archéologiques les plus connus de l'ensemble des .... Le Parthénon avait 92 métopes (32 sur chaque côté et 14 sur chaque façade), ... Le Parthénon sert de temple d'Athéna pendant un millénaire presque.... (source : civilisations)
Acropole d'Athènes 1
Patrimoine mondial de l'UNESCO

Façade ouest du Parthénon

Latitude
Longitude
37° 58′ 15.132″ Nord
         23° 43′ 34.248″ Est
/ 37.97087, 23.72618
Pays Grèce Grèce
Type Culturel
Critères i, ii, iii, iv, vi
N° identification (ID) 404
Région 2 Europe/Amérique du Nord
Année d'inscription 1987  (11e session)

1 Descriptif officiel  (UNESCO)
2 Classification UNESCO

Documentation du modèle

Le Parthénon — en grec ancien Παρθενών Parthenṓn, littéralement l'appartement des jeunes filles, c'est-à-dire ici : «la demeure d'Athéna, la déesse vierge» (de παρθένος, nom féminin, jeune fille) — est un édifice localisé sur l'Acropole d'Athènes.

Le Parthénon est certainement le plus connu des monuments grecs classiques. Il est aussi reconnu depuis l'Antiquité comme le modèle le plus achevé du temple dorique, l'unique octosyle (à huit colonnes en façade), construit de -447 à -432 par l'architecte Ictinos et décoré par le sculpteur Phidias, à l'initiative de Périclès.

Ce monument n'est peut-être pas, à proprement parler, un temple, puisque aucun autel n'y est associé, mais plutôt un «trésor», dont la vocation était de mettre en sûreté l'argent de la ligue de Délos.

Édification du bâtiment

Le Parthénon, commandité par Périclès, a été bâti en quinze ans, de -447 à -432[1], sur l'emplacement d'un édifice détruit lors du sac de l'Acropole en -480, pendant les guerres médiques. Phidias en a conçu les plans et sculpté la décoration, l'architecte était Ictinos et l'entrepreneur Callicratès. Sa construction a obligation le travail de centaines d'artisans-artistes (les deux notions n'étaient pas clairement scindées chez les Grecs de l'Antiquité — cf. art de la Grèce antique). Agatharcos a participé au Parthénon au niveau des perspectives : il y a concrétisé ses recherches.

On possède toujours quelques-uns des comptes financiers du chantier. Le Parthénon avec la statue d'Athéna et les Propylées aurait coûté 2 000 talents, somme colossale qui provenait en partie du trésor de la ligue de Délos. Plutarque rapporte dans sa Vie de Périclès (14, 1-2) que ce dernier proposa de prendre à sa charge les dépenses, pourvu qu'on inscrivît son nom sur le monument. L'anecdote est douteuse, mais témoigne des résistances rencontrées à l'époque face à ce projet pharaonique, y compris parmi les alliés d'Athènes.

Son raffinement architectural, la perfection de ses proportions et la qualité de sa décoration étaient connus dès l'antiquité.

Données architecturales

Plan du Parthénon

Le Parthénon est un temple dorique périptère octostyle, construit sur un stylobate à trois degrés. Il mesure 69, 5 mètres sur 30, 88 mètres, dimensions qui ne peuvent être comparées qu'à celles de grands temples ioniques, comme l'Héraion de Samos ou l'Artémision d'Éphèse, qui dépassent la centaine de mètres.

La façade principale ouvre à l'est , ce qui n'est pas habituel dans les temples doriques[2].

La colonnade extérieure (péristasis) est octostyle et non hexastyle, comme c'est l'usage à l'époque. Elle est dessinée selon un plan rigoureusement dorique et compte 8 × 17 colonnes, soit un total de 46 colonnes, chacune composée de 10 à 12 tambours à 20 cannelures. Le propre aux édifices d'ordre dorique est ici résolu par la réduction du dernier entrecolonnement.

Le sècos (partie fermée de l'édifice), est surélevé de deux degrés. Il est amphiprostyle, c'est-à-dire que sa colonnade est limitée aux petits côtés, et hexastyle (6 colonnes). Le naos, large de 9, 815 m, est entouré d'une colonnade faisant un retour derrière la statue.

L'édifice est aménagé de façon à valoriser la statue de Phidias : la péristasis (espace de la colonnade extérieur), le pronaos (vestibule d'entrée dans le naos) et l'opisthodome (symétrique, à l'arrière du pronaos) sont fortement réduits pour ménager de la place.

Le Parthénon est construit en marbre du Pentélique. Son toit était couvert de tuiles de marbre, agrémentées d'antéfixes en palmettes polycromes, et figurant des têtes de lions aux angles, jouant le rôle de gargouilles.

Corrections optiques

Façade Sud

Un dispositif de correction optique particulièrement précis sert à donner l'illusion d'une verticalité et d'une horizontalité idéale tandis que les stylobates et les architraves sont incurvés. De plus, les colonnes ne sont pas parallèles mais sont inclinées vers un point de fuite localisé en hauteur (ce qui se voit d'autant plus que la colonne est loin du centre du temple). Enfin, les colonnes elles-mêmes sont modifiées pour ces raisons optiques : les colonnes d'angles sont plus épaisses (car, se détachant sur le vide, elles sembleraient sinon trop minces) et elles sont , ce qui est particulièrement courant, un peu renflées au ⅓ de la hauteur (l'œil ayant tendance à voir à cet lieu un étranglement).

Ces corrections ont, hormis l'aspect esthétique, des avantages techniques : elles favorisent l'écoulement des eaux par la courbure du sol et renforcent la structure de la totalité par l'élargissement des colonnes d'angle. Cependant, elles rendent aussi plus délicate la taille de chaque bloc de pierre, mais aussi le travail de jointoiement.

Décoration

Phidias montre à ses amis la frise ionique du Parthénon, par Lawrence Alma-Tadema, 1868. Socrate et Alcibiade sont à gauche du tableau.

Au départ, le Parthénon avait une riche décoration de marbre peint, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur du bâtiment.

Le Parthénon est un temple dorique périptère octostyle, avec des traits architecturaux ioniques. Il abritait la statue chryséléphantine d'Athéna Parthénos sculptée par Phidias et consacrée en -439/-438.

Le temple a été consacré à Athéna à cette date, même si sa construction s'est poursuivie jusqu'en -432, presque au début de la guerre du Péloponnèse. La décoration sculptée des métopes doriques de la frise surmontant le périsyle extérieur et de la frise ionique localisée à la partie supérieure des murs de la cella a été achevée en -438.

La richesse de la décoration sculptée de la frise et des métopes du Parthénon est en accord avec sa fonction de trésor. Dans l'opisthodome (salle localisée à l'arrière de la cella) étaient gardées les contributions financières de la Ligue de Délos, dirigée par Athènes. La décoration en pierre était, à l'origine, particulièrement colorée.

Frontons

Fronton est du Parthénon
Fronton est : naissance d'Athéna et métopes de la Centauromachie, British Museum, salle 18

Le voyageur Pausanias[3], lors de sa visite à l'Acropole, à la fin du IIe siècle de notre ère, évoque brièvement les sculptures des frontons du temple, réservant la majeure partie de sa description à la statue d'or et d'ivoire de la déesse. Les deux frontons sont aujourd'hui particulièrement mutilés.

Fronton est

Le fronton est montre Athéna naissant de la tête de Zeus, son père. Selon la mythologie grecque, Zeus donne naissance à Athéna après un terrible mal de tête pour lequel il sollicite l'aide d'Héphaïstos, dieu du feu et de la forge. Pour soulager sa douleur, Zeus ordonna à Héphaïstos de le frapper de son marteau de forgeron. Ainsi fut fait, et la tête de Zeus s'ouvrit, faisant surgir la déesse Athéna tout armée. La scène sculpturale représente le moment de l'apparition d'Athéna.

Malheureusement, les pièces du centre du fronton ont été détruites avant même que Jacques Carrey eût exécuté ses précieux dessins de 1674, de sorte que l'ensemble des reconstructions ne sont que conjectures. Les principaux dieux olympiens se tenaient, selon toute vraisemblance, auprès de Zeus et Athéna pour assister au merveilleux événement, avec Héphaïstos et Héra certainement à leurs côtés. Les dessins de Carrey sont déterminants pour la reconstitution des côtés de la scène [4].

Fronton ouest

Reconstitution du fronton et des métopes ouest

Le fronton ouest , face aux Propylées, dépeint la querelle entre Athéna et Poséidon pour l'honneur de l'attribution de la ville (voir aussi : Athènes). Athéna et Poséidon figurent au centre de la composition, opposés en diagonale, la déesse tenant l'olivier et le dieu de la mer brandissant son trident pour fendre la terre. À leurs côtés se tiennent deux groupes de chevaux attelés à des chars et toute une foule de personnages légendaires de la mythologie athénienne qui emplit l'espace jusqu'aux extrémités du fronton.

Les travaux sur les frontons se sont échelonnés de -438 à -432, et les sculptures des frontons du Parthénon font partie des plus beaux exemples de l'art grec classique. Les figures sont sculptées dans un mouvement naturel, avec des corps pleins d'énergie qui jaillissent des minces vêtements. La distinction entre les dieux et les humains est floue dans cette composition où se mêlent parfaitisme et naturalisme[4].

Frise dorique : métopes et triglyphes

La frise dorique extérieure est faite de triglyphes (trois bandes verticales) alternant avec des métopes (parties plates) sur lesquelles sont sculptées des scènes respectant les traditions :

  • est : Gigantomachie 14 métopes
  • sud : Centauromachie 32 métopes
  • ouest : Amazonomachie 14 métopes
  • nord : Ilioupersis  : scène du sac de Troie 32 métopes, dont trois uniquement sont conservées
Combat des Lapithes et des Centaures, musée du Louvre

Les quatre-vingt-douze métopes du Parthénon ont été sculptées en haut-relief, une pratique jusqu'alors réservée aux trésors (bâtiments utilisés pour conserver les offrandes aux dieux). Selon les archives de la construction du Parthénon, les sculptures des métopes datent des années -446 à -440. Leur conception est attribuée au sculpteur Calamis. Chacune des faces est conçue autour d'un thème.

Les métopes conservent des traits du style sévère dans les visages et dans la limitation aux contours des détails corporels, sans indication des muscles, mais avec des veines saillantes bien visibles sur les personnages de la Centauromachie. Quelques-unes de ces métopes sont toujours en place sur le bâtiment, mais elles sont gravement endommagées. Certaines d'entre elles sont conservées au musée de l'Acropole, d'autres sont au British Museum et l'une d'entre elles peut être vue au musée du Louvre[5].

Métopes sous le fronton est

Les métopes du côté est du Parthénon, au-dessus de l'entrée principale, décrivent une Gigantomachie (bataille mythique entre les dieux de l'Olympe et les Géants). Zeus (n° 8) figure au centre, suivi de son frère Poséidon (n° 6) jetant l'île de Nisyros sur un géant vaincu. La victoire des dieux est célébrée par le Soleil qui émerge de la nuit avec son char (n° 14), inaugurant une nouvelle ère. Ces métopes du côté est sont en particulièrement mauvais état et l'interprétation des leurs figures demeure particulièrement conjecturale.

Métopes du côté sud
Centaure combattant un Lapithe, métope sud n° 30, British Museum

Les métopes du côté sud (1-12 et 21-37), à l'exception de la problématique métope 13-20 actuellement perdue, montrent la Centauromachie ou combat des Lapithes et des Centaures (combat mythique des Lapithes aidés par Thésée contre les Centaures, mi-hommes, mi-chevaux, en Thessalie). Les Centaures sont figurés avec des traits rappelant ceux des masques de théâtre ; ils sont vêtus de peaux d'animaux et sont armés de branches d'arbres. Les Lapithes sont figurés nus ou vêtus de la chlamyde ; ils portent des épées et des boucliers, avec des éléments métalliques véritables qui se trouvaient insérés dans la pierre. On peut distinguer aussi des hydries, qui semblent indiquer une bataille se déroulant au sein de bâtiments. Au contraire de ce qu'on attendrait d'un point de vue moral, ce sont les Centaures qui semblent l'emporter sur les Lapithes, du moins à cette phase de la bataille.

Le bombardement vénitien de 1687 a gravement endommagé nombre de métopes du côté sud, en particulier au centre du mur. Les métopes détruites ne nous sont connues que par les dessins de Jacques Carrey (1674) et par quelques fragments parvenus jusqu'à nous. On ne peut déterminer avec certitudes ce qu'elles représentaient, certainement des scènes de mythes attiques, à mettre en rapport avec la Centauromachie déjà mentionnée.

Métopes et triglyphes, angle nord-ouest

Métopes sous le fronton ouest

Les métopes de l'ouest montrent le combat contre les Amazones (combat consécutif à l'invasion légendaire d'Athènes par les Amazones en habits perses, en référence aux guerres médiques).

Métopes du côté nord

Du côté nord du Parthénon, les métopes sont mal conservées, mais elles semblent avoir pour thème le sac de Troie.

La frise ionique

Icône de détail Article détaillé : Frise du Parthénon.

Le naos (ou cella) est décoré, de façon inattendue, au-dessus de l'architrave dorique, d'une frise ionique en continu, qu'on appelle le plus souvent «frise du Parthénon» ou «Frise des Panathénées», car elle semble représenter la grande procession qui se déroulait au cours de cette fête.

La procession des Panathénées
Frise ionique, British Museum

De structure complexe, mesurant 160 m de long, comprenant 360 personnages, elle représente une procession comprenant hommes, héros éponymes des tribus grecques, dieux, chevaux d'une cavalcade et divers objets cultuels. De nombreux chars pour les apobatai (pluriel d'ἀποϐάτης / apobátês) sont aussi présents. Ce sont des guerriers en armes sautant en marche des chars pour y remonter après avoir couru à côté ; ces athlètes participaient à un concours et le meilleur d'entre eux recevait comme prix une amphore d'huile tirée des oliviers sacrés. Il est envisageable que cet exercice d'essence religieuse provienne du fait qu'Érichthonios passait pour l'inventeur du char.

Plaque des Ergastines, musée du Louvre

Parmi les mortels se trouvent peut-être — les exégètes ne s'accordent pas — les ergastinai / ἐργαστῖναι, femmes chargées de tisser le péplos dont on habillait une statue de bois d'olivier d'Athéna Polias (Πολιάς, «protectrice de la cité», gardée dans l'Érechthéion) pendant les Panathénées. Il est notable que des mortelles soient représentées : en effet c'est une des rares cérémonies auxquelles elles étaient conviées.

Interprétation de J. B. Connelly

L'archéologue américaine Joan Breton Connelly a proposé une interprétation ingénieuse[6], qui, généralement, n'est pas acceptée, du sujet de cette frise.

Elle évoque une légende connue grâce aux bribes d'une pièce d'Euripide retrouvées sur un morceau de papyrus. Il s'agit de l'histoire d'Érechthée, l'un des premiers rois d'Athènes, qui dut repousser l'armée d'un rival, Eumolpe. Il consulte l'oracle de Delphes qui lui dit qu'il doit sacrifier l'une de ses filles, vierge, pour sauver la cité. Il va le faire et ainsi sauver son peuple.

Si on suppose que la frise représente cette légende :

  • Le cortège des cavaliers devient alors l'armée d'Érechthée qui se rassemble pour célébrer la victoire.
  • Dans la scène centrale, l'homme portant une robe de prêtre serait Érechthée. Le vêtement plié serait le vêtement funéraire que la jeune fille devra porter lors du sacrifice.
  • Enfin, la femme se tenant à côté d'Érechthée serait son épouse, Praxithée, première prêtresse d'Athéna. Elle se tourne vers une autre de ses deux autres filles qui approche avec un linge ou un couteau de cérémonie sur le coussin qu'elle porte sur la tête.

Selon J. B. Connelly, cette proposition permet aussi d'expliquer la présence des dieux olympiens et la juxtaposition des éléments du sacrifice. Elle relève que de nombreux arguments alimentent cette interprétation, surtout, le fait qu'Érechthée devait avoir son temple sur l'Acropole.

La frise n'a, comme les autres formes d'art religieux pour les Grecs, aucune valeur esthétique en soi : c'est une représentation. De plus, elle était trop haut positionnée pour être admirée. C'est cependant, pour un public moderne, l'une des frises grecques les plus achevées. De plus, quoique d'interprétation délicate, elle donne des informations sur la vie quotidienne et dépeint des scènes de procession avec un luxe de détails.

Copie de la statue chryséléphantine d'Athéna

Statue chryséléphantine d'Athéna

Les descriptions parlent d'une statue chryséléphantine (d'or et d'ivoire), réalisée par Phidias à l'intérieur du Parthénon, de 12 m de hauteur, composée d'une structure de bois sur laquelle étaient fixées des plaques d'ivoire. Ce matériau fragile et sujet à dessiccation était entretenu avec une eau huilée qu'on laissait à disposition dans un bassin, au pied de la statue. La couche d'huile laissait une pellicule protectrice empêchant l'évaporation et donnant un lustre à l'ivoire.

Il existe plusieurs copies en marbre de cette statue : Athéna est figurée en armes, portant un casque et un bouclier orné d'une scène de combat contre les Amazones. Périclès et Phidias y auraient été inclus comme personnages, ce qui, pour l'époque, a pu passer pour scandaleux, l'art religieux devant rester anonyme et ne pas glorifier ses auteurs[réf.  souhaitée].

La fonction du Parthénon

Au contraire de l'idée le plus souvent répandue, le Parthénon ne serait pas un temple mais un trésor. Ce ne serait pas un édifice de culte mais un monument conçu pour abriter l'ex-voto colossal qu'est la statue d'Athéna Parthénos, œuvre de Phidias. Il fut conçu par ce dernier tout entier dans cette perspective. Sa fonction secondaire, comme trésor, fut d'accueillir les réserves de métal monnayé d'Athènes et le trésor de la Ligue de Délos.

L'argumentation selon laquelle le Parthénon n'est pas un temple s'appuie sur les observations suivantes :

  • La statue d'Athéna Parthénos qui occupe la salle principale à l'est n'est pas une statue de culte mais une offrande : elle n'a fait l'objet d'aucun rite connu, aucune prêtresse n'y était attachée.
  • Si le Parthénon était le temple d'Athéna Parthénos, il devrait plutôt s'appeler Parthénion (de la même façon que l'Artémision est le temple d'Artémis, l'Héraion le temple d'Héra, etc. )
  • L'Athéna qui fait l'objet du culte principal sur l'Acropole, surtout lors de la célébration des Panathénées, est Athéna Polias, dont la statue cultuelle, le xoanon (en bois), est conservée à l'Érechthéion, qui était le véritable temple de l'Acropole.
  • Au départ, le terme de Parthénon ne sert à désigner que la salle Ouest du bâtiment, qui contient les offrandes et les réserves de métal monnayé, jusque là conservées dans le Vieux Temple d'Athéna Polias. Il n'y a pas pour le moment d'explication convaincante pour cette appellation.

Le Parthénon est par conséquent du point de vue de sa fonction identique aux bâtiments votifs de Delphes (le Trésor des Athéniens par exemple), d'Olympie ou de Délos : c'est un trésor, à la fois parce qu'il est construit autour de la statue d'Athéna Parthénos et parce qu'il comporte une chambre-forte.

Histoire du Parthénon jusqu'au XIXe siècle
L'Acropole en 1821 : le Parthénon apparaît particulièrement endommagé

Le Parthénon est demeuré presque intact pendant plusieurs siècles. Il l'était certainement au IVe siècle, tandis qu'Athènes n'était plus qu'une bourgade provinciale de l'Empire romain. Vers le Ve siècle, la statue d'Athéna aurait été emmenée à Constantinople par un empereur romain. On perd ensuite sa trace : elle fut peut-être détruite au cours du pillage de Constantinople lors de la quatrième croisade, en 1204.

Au VIe siècle, le Parthénon est transformé en église consacrée à la Vierge Marie. La reconversion en église a conduit à la destruction des colonnes intérieures et l'ouverture de plusieurs portes. Certaines statues de dieux païens ont certainement été retirées et détruites délibérément à cette époque.

En 1456, Athènes est conquise par les Ottomans qui transforment le Parthénon-église en mosquée. Hormis un minaret qui lui est ajouté, il est peu modifié à cette époque. De nombreux visiteurs du XVIIe siècle ont témoigné du bon état de conservation du bâtiment. Au contraire de la réputation que leur firent les Européens plus tard, les Ottomans étaient le plus souvent respectueux des monuments anciens qui se trouvaient sur leur territoire.

Le Parthénon, photo du XIXe siècle

En 1674, l'édifice est minutieusement dessiné par un artiste anonyme, accompagnateur du marquis de Nointel, ambassadeur de Louis XIV de France auprès de la Sublime Porte. Ces relevés, dits à tort «de Carrey», sont actuellement particulièrement précieux pour identifier les nombreux fragments des décors du Parthénon.

En 1687, le Parthénon subit l'une de ses plus terribles blessures. Les Vénitiens attaquent Athènes et les Ottomans se fortifient sur l'Acropole, en utilisant le Parthénon comme poudrière. Le 26 septembre, un boulet vénitien touche le bâtiment, qui explose sur le coup. Les structures internes et ce qui restait du toit est détruit, une bonne partie des piliers sont décapités, surtout dans la partie sud. Les sculptures sont gravement endommagées. De nombreux débris de décor jonchent le sol et sont alors emportés par les visiteurs successifs, comme souvenir de voyage.

Les «marbres d'Elgin»

Icône de détail Article détaillé : Marbres d'Elgin.

En 1801-1802, Lord Elgin, ambassadeur britannique à Constantinople, envoie à Londres la majeure partie des sculptures en marbre de la frise du Parthénon, des frontons et des métopes. Ils sont actuellement toujours exposés au British Museum. La Grèce en réclame depuis longtemps la restitution.

Fouilles archéologiques, restaurations récentes

La colonnade, soufflée par l'explosion de 1687, a été restaurée une première fois entre 1923 et 1930 par Balanos.

Une seconde campagne de restaurations, depuis les années 1980, tente de corriger les erreurs commises antérieurement, et en particulier, comme dans les autres monuments de l'Acropole, de remplacer les crampons de fer par des éléments de titane quasiment indélébiles[7]. Ce travail s'appuie sur une étude particulièrement minutieuse de l'architecte Manolis Korrès.

Références

  1. (en) The Parthenon, consulté le 4 septembre 2008 à 00 :29
  2. Émile Burnouf, Monuments de la Grèce : le Parthénon, Revue des Deux Mondes, tome 20, 1847, Wikimédia
  3. Pausanias I, 24, 5–7
  4. ab Thomas Sakoulas, Ancient Greece. org
  5. American Journal of Archæology : Vol. 86, No. 2 (April, 1982), pp. 227–229, jstor. org
  6. J. B. Connelly, American Journal of Archæology 100, 1996, p. 58-80
  7. Notes de l'auteur de l'image présentée : «Reconstruction de la colonnade, côté nord»

Bibliographie
  • (en) Acropolis Restoration. The CCAM Interventions, éd. R. Economakis, Londres, 1994.
  • (de) Parthenon-Kongress Basel, éd. E. Berger, Mayence, 1984.
  • J. Bælen, Chronique du Parthénon. Guide historique de l'Acropole, Belles Lettres, 1956 (ISBN 2251332006) .
  • (de) E. Berger, The Parthenon in Basel : Dokumentation zu den Metopen, Mayence, 1986.
  • (en) F. Brommer, The Sculptures of the Parthenon, Thames & Hudson, Londres, 1979.
  • B. Holtzmann, L'Acropole d'Athènes, Monuments, cultes et histoire du sanctuaire d'Athèna Polias, Picard, Paris, 2003 (ISBN 2708406876) .
  • Laurent Saget, «La Parthénos de Phidias en lumière», dans Chronozones no 11 (2005), UNIL/IASA, Lausanne (ISSN 1422-5247) .
  • François Queyrel, Le Parthénon, Un monument dans l'Histoire, Bartillat, Paris, 2008 (ISBN 978284100-435-5) .

Liens externes

Recherche sur Amazone (livres) :



Ce texte est issu de l'encyclopédie Wikipedia. Vous pouvez consulter sa version originale dans cette encyclopédie à l'adresse http://fr.wikipedia.org/wiki/Parth%C3%A9non.
Voir la liste des contributeurs.
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 19/05/2009.
Ce texte est disponible sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL).
La liste des définitions proposées en tête de page est une sélection parmi les résultats obtenus à l'aide de la commande "define:" de Google.
Cette page fait partie du projet Wikibis.
Accueil Recherche Aller au contenuDébut page
ContactContact ImprimerImprimer liens d'évitement et raccourcis clavierAccessibilité
Aller au menu